
Premier baiser dans une chambre d’adolescent. Guitare, cheveux longs, tee-shirts, couettes.
Il est juif, elle est arabe. Un an, deux pays, deux religions, des dizaines de mails, quatre avions, et deux petits cœurs à qui ça ne faisait pas peur.
Larmes dans l’avion, et la promesse de s’aimer encore d’ici le billet de retour Israël – France
Les jours passent, les messages s’enchainent, et les nouvelles technologies sont avec eux. Ils ne vivent plus que pour ces nuits ou le temps se suspends, ou MSN fonctionne en mode « Audio », et ou il lui joue de la guitare.
Qu’importe s’ils ne se touchent pas. De la ou il est, il ne joue que pour elle, et elle est la seule à l’entendre.
Ils alignaient les heures comme autant de bâtons sur le mur de la cellule d’un condamné. Leur histoire sur terre n’avait pas sa place, mais à quoi bon mourir si elle n’avait pas non plus sa place au ciel ?
Alors, de leurs petites mains, ils bâtirent leur paradis, avec des bouts de rien. Avec son lit à elle, sa guitare a lui, leurs mots, leurs rires, et l’espoir de se serrer fort bientôt.
Baiser fougueux au moment des retrouvailles. Stores baissés, mains serrés, souffles courts.
-tu as peur ?
-non…
-Tu en as envie ?
-oui.
Alors ils allèrent au paradis …
…et décrétèrent que le paradis « c’est trop bon, mais ça fait quand même mal au dos… »
Les jours se poursuivirent inondés du soleil de l’été, de baisers dans l’herbe, et de partis de football entre amis.
Et puis un jour…
son père à elle qui rentre plus tôt, une casserole trop cuite, leurs deux téléphones qui sonnent en même temps, son père, sa mère, un regard trop bavard, « ils savent tout ». Elle crie, elle pleure, il ne peut pas faire autrement, il doit rentrer.
Et cet adieu déchirant sous la pluie, il s’en va, elle pleure, il ne se retourne pas, elle ne comprend pas.
Elle avait grandi dans la tolérance et les films hollywoodiens ou l’amour triomphe à la fin. Ses illusions passent par les fenêtres du 15ème étage de son immeuble.
Ce cercle commun admet deux fins alternatives à ce genre d’histoires :
- L’amour est le plus fort, marions nous, et faisons pleins de beaux enfants aux yeux noirs
- Ils se suicidèrent et moururent dans un dernier élan désespéré d’amour.
Aujourd’hui, elle est adulte, et follement amoureuse, mais pas de « lui ». Lui, depuis elle, attend celle qui lui donnera de nouvelles bonnes raison d’avoir mal au dos…
Ils s’entendent toujours bien, sont même devenus de vrais amis. Peut-être sera t’il là a son mariage…
Un conseil pour mes lectrices qui ont bouffé du prince charmant toute leur enfance : Posez ce couteau, même si aujourd’hui vous dégustez. Juliette, elle est mignonne, mais elle a sans doute loupé le meilleur…
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