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vendredi 15 juin 2012

Le sacre de la Reine.


(credit photo: Pierre Henri Libaudière)



-Tremble, amant
-Sous mon pas conquérant.
-Surgi du fond de l’hiver
-Je renais…

-Je brûle, respire, soupire.
-Pour mieux annoncer mon courroux.
-A l’abri du vent, tout l’hiver durant
-J’ai préparé mon sacre en attendant le redoux.

-Les jours ont défilés
-Et pierre, après pierre,
-Mon royaume
-Est sorti de terre.

- Les tempêtes essuyées
-Les cheveux lâchés
-Il me semble que tous les démons
-Ont été affrontés.

-La soie et l’acier
-Sous le même jupon
-Et sous ma couronne
-S’accumulent les leçons.

-L’heure est venue
-D’enfoncer mes ongles dans ta chair
-Et mes mots dans ton esprit.

 -Mes talons pour destrier,
-Mes victoires comme bouclier.
-Et les jaloux pour ennemis.

 -Écrasés entre mes doigts,
-Émiettés, les hargneux
-Vos os, sous mes dents
-N’ont pas fait long feux.

-Et dans cette charmante épopée
-Je serais à la fois reine et roi.
-Le sacre aura lieu, et je brillerais.
-Avec ou sans toi.


 Lula Morales, Juin 2012

mercredi 4 avril 2012

Echec et Mat.



Je saigne de tes mains sur elle
Je saigne de ton souffle dans son cou.
Tes yeux pleins de soleil ne me caressent pas
Et dans l’ombre de ta douce, j’ai froid.

Cette nuit sera votre victoire
Cette nuit sera mon bourreau
Qui mêlera les coups de reins
Et de couteaux.

Vos gémissements glacent mon sang
Et cet aveu qui me soulève
Au creux de son oreille, tes mots chuchotés
Me vident de ma sève.

Dans mon lit privé de lumière,
Je ne peux m’empêcher de penser
Que c’est au fond de ma chair
Que tes ongles devraient s’enfoncer.

Le matin ne me cueillera pas
Car sans toi, il n’y a plus de matins.
T’aimer, c’est mourir tous les jours
C’est agoniser sans bruit….

Je supplie le ciel d’étouffer vos cris
Qui me transpercent à chaque décibel.
Je fais le deuil de ma raison, abrutie par la nuit
Et sourde de n'avoir pas entendu ton appel.

Lula Morales, 2012

mardi 25 mai 2010

La valse





-Emporte moi mon amour
-Par trois pas qui dans nos songes comptent pour cent lieues
- Étourdis moi de tes doigts
-Et ta bouche et tes yeux et tes bras....

-Dans cette chambre parmi ces habits éparpillés
-Esquissons notre première danse
-Main sur ma hanche, le cœur bat la mesure
-Faisons connaissance.

-Je pourrais écrire un livre
-Sur la magie avec laquelle tu animes tes yeux
-Sur la liesse de nos silences
-Dans lesquels j'entends tant de choses

-Tu me renverse, transperce, bouleverse
-Dans tes bras je m'enivre du plus joli des tournis
-Et ton humour et ta douceur, et tes baisers....
-Et ces mains qui savent ou aller....

-Au nom des jours, des nuits
-Et du joyeux bordel qui nous entoure
-Je te choisit, mon amour mon cavalier
-Qui rend mon pas tellement plus léger....


Lula Morales, 2010

samedi 13 mars 2010

Les yeux baissés de la Reine ...




Épidermique, je te sens du bout des ongles

Viscéral, ce feu qui prend mes joues lorsque l'on prononce ton nom

Et je te porte en moi, comme toutes ces choses auxquelles je crois

Ni dieu, ni ange, un homme, toi.

L'or de ton sourire, et l'ultime félicité de te trouver a mes cotés au réveil....

Et je te couve comme un pauvre chien fou

A l'heure ou le monde m'a érigé en reine.

Ne vois tu pas, amour, que je n'attends qu'un mot de toi

Pour que mon royaume te reviennes de droit?


Je descends de mes talons aiguilles

Du trône que tant ont construit pour moi

Et nue sous ton regard

Je baisse humblement les yeux

Te contempler silencieusement

Avec la honte d'une défigurée jamais assez belle à tes yeux.

« Patience » me répète mon cœur.

« Un jour tu brilleras assez fort pour qu'il te voit

Et ton ultime victoire,

Tu l'aura sous tes doigts »....

Tango (poeme)



L'ombre de mes songes
Abrite un Tango
Danse de deux corps brulants
Teintés d'amour et de mort

Les ans et les printemps
M'ont menés à toi
Que j'invite, le pied dansant
A m'étreindre pour un tango

Je te veux, bel hidalgo
Et je ne peut me résoudre
A oublier mon tango
Je vais donc faire parler la poudre...

Tu m'aimera, je le jure
A en abandonner tes nuits
A ne plus imaginer ton futur
Hors de mon lit

Ma vie pour notre tango,
J'en fais le serment,
J'entrerais dans ta peau
Tu n'en sortira pas vivant

Elegie


-Je marche cent fois dans le décor de nos amours.
-Sous ce clocher, témoin discret de nos baisers.
-Et de nos fièvres, que le ciel d'hiver a caché au jour
-Et dieu seul sait les pensées peu chrétiennes qui peuvent me traverser

-Te souviens-tu, petit frère, de nos émois tabous?
-De ton baptême de chair à l'eau divine de nos sueurs
-Alléluia mon enfant, les cieux étaient à nous
-Il m'a semblé voir deux anges au paroxysme de la douceur.

-Et le printemps me réveille, me murmure l'amour à l'oreille
-Et mes doigts te cherchent sous mon oreiller
-Où es-tu? Mon enfant de cœur aux lèvres vermeilles
-Abandonne ton chemin de croix et reviens en mon sein prier

vendredi 12 mars 2010

Ma promesse



Je pose à tes pieds
Un cœur couvert de cicatrices
Ses dernières forces dans son agonie
Ne servent qu'à t'aimer

Je met au jour de tes yeux
Un corps que les ébats ont épuisés
Son dernier sursaut de vie
Ne sert qu'à te couvrir de baisers

Je mets entre tes mains
Mon vieil esprit fatigué
Ses dernières pensés
Te sont dediés

Je t'offre en ultime cadeau
Un cadavre de jeunesse
Son dernier souffle d'innocence t'es voué
Voici ma promesse

Méditérranée

-On a chanté le sud
-Des décennies durant
-Mais aujourd'hui, je prête
-Ma plume à son délicieux accent

-L'étreinte du soleil
-A fécondé mes terres
-Rafraichis pas les ondes salés
-Les trésors de la mer

-Le feux sanguin, latin
-Consume mes folles nuits
Pour m'offrir au matin
-Un spectacle de cloches et de cris

-C'est imprimé en moi
-Dans l’ébène de mes cheveux
-Dans le miel de mon teint
-Dans le velours de nos yeux.

-C’est imprimé en moi
-Dans la douceur de mes courbes
-Mon bassin méditerranéen
-Le paradis de mes reins

-C’est écrit dans mes colères
-Dans mes tempêtes de sable
-Dans des années de guerre
-Et dans les sanglots de ma mère

-C’ est écrit dans mon nom
-Je suis une terre d’union
-Je suis aussi une femme
-Et les folies de mes fils
-Sont la dentelle de mes jupons.

Poème érotique


Attrape ma taille

Toi, mon frère de feu

Tes mains entament leur périple

Et je me prends au jeu



Dans la pénombre

Deux silhouettes électriques

C'est une conversation intime

Entre nos deux chairs



Tes mouvements vont crescendo

Tes va-et-vient m’emportent, dans un souffle

Et tu aimes, mon alter-ego

Tu aimes à m'en griffer le dos



La violence de nos étreintes

Me bouleversent profondément

Et une jouissance sans demi-teintes

Arrive, dans un soubresaut dément



Puis vient le repos des amants

Perché sur sa victoire, l'homme

Contemple mon sommeil innocent

Et m'entoure de ses bras conquérants

Lula Morales, écrit en 2008