mercredi 5 octobre 2011

Requiem pour celles qui assument.



Le déclic m’est survenu lorsque que je rentrais de mon dernier jour de boulot chez D&T Managment Corporation. Je parlais avec Mouloud, mon futur-ex collègue de bureau. Et je lui pose la sempiternelle question que je pose à tous les mariés que je croise : Pourquoi ELLE ? Il me répond :

- parce qu’elle est innocente !
-Ooooh c’est meugnon ! Genre elle ressemble à une jolie petite poupée à qui t’as envie de faire des bisous ?
-Nan, elle était vierge quand je l’ai rencontré. Au moins je suis sure qu’elle ne partira pas en vrille…

La conversation s’est arrêtée net. La poursuivre m’aurait mise en colère.
Ce jeune homme et moi venons de la même communauté. Je ne savais que trop ce qu’il voulait dire. De son coté, il admet volontiers : « Je me suis bien amusé avant d’épouser ma femme. Je lui ai dit « Mon amour, je t’aime, tu es ma femme, mais attends je reviens » ». Ce n’est pas une femme qu’il a épousé, c’est un hymen.

Une femme, c’est plus qu’un CV sexuel. C’est un tempérament, des envies, un caractère, des petites manies, des défauts, une histoire.

Une femme aussi, ça a envie, ça fantasme, ça choisit son pommeau de douche en fonction du débit du jet concentré. C’est frustrée quand ça doit dire « non » et que son corps aimerait hurler « Ouiiiiiiiiiii ». Des fois ça déconnecte les sentiments du sexe. Ça fuit au petit matin, et même pas pour ramener le petit déjeuner au lit. Et comble de la stupeur, il arrive même que ça l’arrange quand il ne rappelle pas.

Une femme peut avoir un tempérament hypersexuel sans être esclave de sa libido. Personnellement, il m’arrive d’investir mon énergie dans des projets plus importants qu’une partie de jambes en l’air et donc, de ne pas avoir envie. Ni madone, ni putain. Les deux à différents moments de ma vie, ma semaine, voire de ma journée.

Et nous sommes TOUTES comme ça. Même Maman. Même la douce Martine de la compta qui viens travailler en robe à fleurs. Et rien ne révolte plus que les pintades, drapées dans leur dignité qui mettent la main sur la poitrine et me disent « Je pourrais pas coucher le premier soir parce que c’est pas mon genre, tu vois ? ».

Elles me font doucement rire. Elles sont des bombes à retardement qui se privent de leur jeunesse, mais qui imploseront un jour. Si possible dans la rubrique « moi, lectrice » de Marie-Claire ou elles raconteront a 45 ans, après 15 ans de mariage, leurs premiers orgasmes dans les bras d’un collègue de bureau, ou d’un ami de leurs fils. Et si elles n’implosent pas, C’est que leur désir est mort. Dans tous les cas, je plains les hommes qui partagent leurs vies.

Les hommes attirés par ce genre de femmes sont des mectons que le désir féminin effraie. Ils leur préfèrent des petites filles malléables. Une bonne moralité est une vertu. Pas l’innocence. Parce l’innocence, on la perd, et que dans ce cas précis elle se confond avec l’ignorance.

Le pire vient du fait que les femmes elles-mêmes s’enorgueillissent de ce manque d’expérience. Et jugent aussi sévèrement les femmes qui ont fait le choix de vivre, d’aimer, et de multiplier les expériences avant de se caser. Une façon puérile de signifier leur respectabilité et leur conformité au désir masculin.

Prétendre que le désir est moins impérieux chez les femmes arrange surtout ces messieurs, surtout quand ils se font surprendre contre le derrière rebondi d’une blonde dans le lit conjugale. Cela sert de circonstances atténuantes pour les époux et aggravantes pour nous, mesdames. Et je dis : merde. Tromper la personne que l’on aime est une ERREUR, et rien d’autre, Indépendante du genre. L’excuse « Je ne suis qu’un homme » me donne des envies de gifles.

Je reconnais avoir une réaction disproportionnée. Chacun sa cause, son fils, sa bataille. Y en a des plus nobles ou des plus socialement valorisées. La famine, la pauvreté, les bébés baleines, Moi, c’est la libération sexuelle des femmes. J’épouse cette cause comme d’autres partent en croisade. Peut-être y a-t-il des choses plus importantes dans la vie que nos clitoris, mais faut bien que quelqu’un s’y colle ! Je serais celle-là.

Je suis de celle avec qui on couche, et qu’on épousera un jour. Et l’homme qui m’enferme dans un de ces deux rôles n’a rien à faire dans mon lit. C’est une des raisons pour laquelle Citrus Fresh a trouvé grâce à mes yeux. Je suis sa fiancée, son amie, et sa salope. J’ai été très directe, peut-être même agressive avec lui les premiers temps de notre histoire, mais je préfère ne pas être aimée pour ce que je suis qu’aimée pour ce que je ne suis pas (prude, donc).

Et un jour, moi aussi, j’avancerais, des porte-jarretelles sous la jupe de tailleur et mon fils dans les bras. Je me mets au défi d’acquérir le statut de mère et de conserver celui de biatch. Après tout, il n’y a pas trente-six mille manières de devenir maman...

dimanche 7 août 2011

Pas de titre, juste des choses à dire.


En un an et demi de vie commune, je n’ai jamais posté de texte-déclaration ou j’explique par A+B que j’ai trop rencontré l’homme de ma vie, qu’on s’aime trop mieux que les autres et que j’ai trop de la chance. Romancer ma relation avec Citrus Fresh ne m’amuse pas. D’autant que les débuts de notre relation ne ressemblent pas DU TOUT à une comédie romantique.

Rencontre sur internet, un sourire qui fait tilt par Webcam, une heure au téléphone à se raconter nos vies, quelques tchats qui nous emmenaient jusque tard dans la soirée, un premier rencard qui se termine chez lui, en vieux tee-shirt, à s’endormir dans les bras l’un de l’autre, sans même passer par la case « acrobaties ».

Le premier matin fut un véritable moment Nutella, avec le cœur qui dégouline, les cheveux en chiffon, les fringues qui volent, et le sourire béat. C’était bien mignon, mais il n’y que dans les films avec Julia Roberts ou cela suffit aux protagonistes pour décréter qu’ils seront « Happy Ever After Together forever ».
Concrètement, je me lançais dans une relation exclusive avec un garçon que je ne connaissais pas. Ça s’appelle un coup de Poker et on a eu une chance folle.

Depuis, il y a eu 3h47, nos recherches d’emploi, des tonnes de conversations qui fâchent, le jour de l’an improvisé à Deauville, des tonnes de soirées Drama-Séries-Comedies, la vie à deux qui s’est mise en place doucement, jusqu’à l’aménagement, cette complicité née du quotidien qui fait qu’aujourd’hui on se connaît par cœur, jusque dans nos attitudes, nos manies, nos plaisirs.

Mon amour, lors de notre dernière engueulade tu m’as demandé « Mais si je t’apporte pas tout ce que tu recherches POURQUOI nous sommes ensembles ? » Et j’ai eu le cœur dépouillé. J’ai de vraies raisons, rationnelles ou non d’être avec toi.

-Parce que tu me canalise, me stabilise, m’apaise, me rends plus forte, et ris à mes blagues.

-Parce que la dernière fois que je t’ai demandé pourquoi tu m’avais choisie, ta première réponse fut : « Parce que tu es folle ». Tout est dit.

-Parce que tu n’es pas un énième pervers narcissique qui traversera ma vie, et que tu ne ressembles pas à mon père.

-Bon, disons- le clairement, parce que t’as une grosse bite.

-D’ailleurs, au lit c’est vraiment bon (enfin quand on a le temps, quand on n’est pas trop crevés, quand la maison de saturne entre en collision avec Jupiter et quand le cours de la bourse est d’accord. J’ai parfois l’impression que la terre entière se mets en travers de notre vie sexuelle).

-Parce qu’on a le choix. Soit on décide d’être «différents» soit on décide d’être «complémentaires»

-Parce que je ne peux pas laisser partir un mec qui danse le Sirtaki en passant l’aspirateur

-Parce que je ne peux pas non plus laisser partir un mec avec qui je peux improviser un duo sur le thème de « C’est toi qui fais les courses »

-Parce que je rajouterais bien d’autres private jokes afin de montrer au monde entier qu’on est trop complices, mais la majorité d’entre elles étant principalement sexuelles ou carrément cra-cra, je m’abstiens.

-Parce que, qu’on le veuille ou non, nous sommes une équipe et nous avançons beaucoup plus vite dans nos projets personnels depuis que nous sommes ensembles

-Et puis Maman t’adore.

-Parce que ta tête de moineau au réveil est juste collector (et qu’avec les années ça va pas aller en s’arrangeant)

-Parce que tu as besoin de moi pour repasser tes chemises, faire ourler ton pantalon, assortir ta cravate à ton costume, t’interdire de vomir sur les chaussures du chargé RH, te rapporter ton croissant aux amandes pour le gouter, t’appeler pour te réveiller, te pousser au cul pour que tu te réalises.

-Parce que tu me connais tellement bien que tu anticipes mes bêtises, et les répare quand c’est trop tard.

-Parce que je ne sais pas cuisiner.

-Parce que toute ma famille m’a dit que tu me rendais radieuse.

-Parce que t’as des yeux de chaton qui me donnent envie de t’adopter, et que t’as quand-même le sourire le plus adorable du monde.

-Parce que tu fais des efforts pour que je sois fière de toi et que ça reste la plus belle preuve d’amour que tu puisses me donner

Je n’ai jamais été aussi sure que tu sois celui qu’il me faut. Je suis désolée de t’avoir fait mal en remettant notre couple en question. Je ne l’ai pas fait pour te faire souffrir ou pour te quitter, je l’ai fait pour nous améliorer et nous faire avancer. Je ne te l’ai jamais caché, la perspective de m’engager me rend freaking out, et le seul moyen de me rassurer est de m’apporter des arguments concrets.

Je t’avais aussi prévenu que je serais particulièrement vigilante à chaque signe de déclin parce que je tiens à nous et que je veux rester ton amoureuse, pas ta colocataire. Donc non, je ne te lâcherais pas comme ça. On a encore beaucoup de choses à s’apporter et à affronter ensemble. Je te le dit sans pluie battante dans une rue de New York, sans coucher de soleil en arrière-plan, sans harpe ni violon, ni trémolos dans la voix. Je t’aime et je te choisis pour faire équipe dans la vie.

Ton poussin, ton bibichou, ta tata du bled.

vendredi 22 juillet 2011

19 Juillet 2011.



Manifestement, je ne suis pas la seule à avoir eu une journée Bad Karma, mais ça ne me console pas. Mon histoire va avoir l'air capillo-tractée, mais je vous ASSURE ne rien avoir inventé. Et oui, tous ces évènements se sont déroulés en moins de 24 heures...

7h35: Ouverture des rideaux. Il flotte. J'ai entretien ce soir et il flotte. On est en Juillet et je vais aller en entretien d'embauche avec des bouclettes, un pantalon et un pull. Je refuse, je fourre mon parapluie, une jupe et des collants dans mon sac.
7h50: Surprise du chef: Mon parapluie est en fait cassé. Je mets mon imper sur ma tête.

8h 27: Sur le trottoir, en grande conversation avec Maman au téléphone quand une voiture passe sur une flaque et m'éclabousse au passage. Je beugle des insanités à la voiture. Première réaction de ma mère: « On dit pas putain, chérie, c'est malpoli».

11h15: Un appel en absence de Nicolas: (pour qui j'écris depuis un petit mois). Je le textote « Je t'appelle dans une heure »

12h35 au téléphone avec Nicolas
-Je t'appelais parce que je voulais faire un point avec toi sur ton dernier article: Il y a des points sur lesquels je ne suis pas DU TOUT d'accord...
-Mais tu avait dit qu'il y avait juste les fautes à reprendre?...
-Non, en faite Thibault (Associé de Nicolas) a répondu à ma place. A moi, ça me conviens pas.
-Donc Thibault à accès aux mails que je t'envoie sur cette boite mail (donc à mes blagues graveleuses sur les cochonnes d'Ibiza.......)?
-Heu... Oui (Je me liquéfie instantanément sur le trottoir). Mais le souci n'es pas là! Il va falloir remanier ton discours.
-Mais... Mais... Cet article, je l'ai mis au monde dans la douleur! Et je l'adore comme ça!
-Oui mais on a une certaine cohérence de discours à tenir. Ce que tu y dit est en contradiction avec ce que j'enseigne dans mes ateliers. Donc tu dois refaire ton texte., Je te fais un mail cet aprem' avec mes notes! Bises!
Je raccroche avec une furieuse envie de fourrer ma tête dans la bouche d'égout sous mes pieds.

14h00: pop-up de mon boss: « Lula, tu peux venir dans mon bureau steuplay »
Je fais ma moue de petite fille qui a mangé des sucreries avant le diner, mais mon manager reste impassible.
-Lula, tu n'as pas l'air d'apprécier ta mission actuelle. Ça tombe bien, je vais avoir besoin d'aide. Tu pourrais rejoindre le service client pour cette aprem?
-Le service client?.... Je passe de la Task Force au service client?......
-Nan mais sinon, y aura personne pour réceptionner les litiges, tous le monde est en vacances...
-Les LITIGES?...

14h15: « Je sais bien que c'est pas votre faute, Mademoiselle Morales, mais si cette fois j'ai encore un souci avec ma commande, je débarque dans vos locaux et je casse tout.... ». Service litiges, donc.

17h30: J'ai trois minutes pour courir et chopper mon bus

17h37: Le chauffeur me voit (imper sur la tête, toujours), mais me passe sous le nez, Si je prenais pas ce bus tous les jours, je lui aurait fait un doigt d'honneur.

17h40: « Oui c'est Mademoiselle Morales, je vous appelle pour vous prévenir que je risque d'accuser un retard d'une dizaine de minutes.... »

17h50 Arrive le prochain bus. Youpi.

17h53: Le bus stationne: « Vous allez descendre de mon bus, espèce de malpolie!- C'est vous le Malpoli, vous êtes un malade-cas social!... » Tout ça parce que la dame à oublié de dire bonjour au chauffeur. Je crève d'envie de conduire de bus moi-même et de les laisser s'écharper sous la flotte...

18h05: La musique qui inonde mon casque s'arrête brusquement: Plus de batterie sur mon Iphone. Panique: L'adresse de l'entretien et le plan se trouvaient dans ma boite mail. OK, là, j'ai le droit de m'énerver.

18h11: Dans le tramway. J'alpague un monsieur entre deux âges, un Iphone dans la main: Bonjour, écoutez, j'ai un gros souci. Je dois me rendre à un entretien, j'y suis en retard et j'ai besoin d'accéder à ma boite mail pour récupérer les coordonnées. Je refais ma moue « sucrerie ». Le monsieur, adorable, veux bien me laisser me connecter à mon Gmail.

18h13: « réseau indisponible »: Le tram passe sous un TUNNEL!

18h14: J'ai récupéré les infos: Je les note dans mon agenda , je rends l'Iphone au quinqua et je me retiens très fort de lui rouler une pelle de reconnaissance

18h25:- Excusez-moi, vous savez ou passe le 358?
-Oui, c'est celui-là, là-bas...
-Ah, celui que je suis en train de louper...

18h28: 358: Prochain bus: 19min. Il est 18h28, j'ai rendez-vous à ...18h30, et je suis à 15 minutes à pied. J'y crois.

18h32: Je m'engouffre dans les toilettes d'un café pour enfiler ma jupe de tailleur et mes collants. Je vais chopper des crampes à force de porter mon imper au dessus de ma tête.

18h50: J'arrive enfin, le sourire cordial et le cheveux presque sec. Les recruteurs sourient aussi et je décide de ne pas me laisser démonter.

20h15: Pas si pourri cet entretien!.. Merde,le bus!...

20h15 et 30 secondes: mon talon ripe sur le trottoir, mon pied s'échappe de ma chaussure, et mon visage s'écrase misérablement contre la carrosserie du bus. Comble de pitié, le chauffeur m'attend pour décoller. Je remets ma chaussure et ris nerveusement. Je grimpe à bord du véhicule en boitant.

20h18: J'enlève ma chaussure d'où le sang dégouline. Je retourne mon pied et découvre un magnifique trou dans ma voute plantaire. Le chauffeur manque de tourner de l'œil:
-Mademoiselle, on va appeler les pompiers.
-C'était la suite logique de cette journée. Ça fait tapette si je pleure, là, tout de suite?...

20h37: Arrivée des pompiers. L'un d'eux pique un fou-rire sur vernis rose fluo-pute sur mes orteils. Bon, ça va maintenant, on a compris....

21h03: A l'hôpital. Mes parents sont en route pour me récupérer. L'interne m'ausculte et essaye de m'expliquer le plus calmement du monde: «ça va être un peu douloureux. Je vais devoir ouvrir pour vérifier qu'il n'y a pas de corps étranger. Et puis ça va un peu piquer, je vais mettre du désinfectant. Et je vais peut-être devoir recoudre, hihi! » Je la regarde comme si elle m'expliquait qu'elle allait noyer mon chien. Elle soulève la chair qui recouvre l'ouverture, et injecte du désinfectant dans la plaie. Je hurle à la mort. Tapette ou pas tapette, chuis plus à ça près, je pleure à chaude larmes.

21h16: l'équipe médicale a jugé bon de me laisser me remettre quelques minutes (c'était ça ou je mordait l'infirmière) Je pleure d'énervement, de douleur et de fatigue. Je veux ma maman.

22h45: Papa me porte jusqu'à chez moi,et me remet entre les bras de Citrus Fresh avant de disparaître, les yeux rivés sur l'horizon. Mon héros.

22h46: Citrus Fresh a la délicatesse d'un chauffeur de bus: « Tu sais, chérie, quand je te vois, aussi maladroite, je me dis que tu ne devrais pas passer ton permis(ça fait un an que je suis dessus et je le passe bientôt). Je veux dire, il va t'en arriver, des bricoles... » Je me met à crier des tonnes de trucs incompréhensibles, peut-être même pas en français, avant de disparaître en boitant dans la chambre.

23h23: L'ennemi entre en territoire hostile, une pizza sur les bras en guise d'offrande diplomatique. Il sait que me nourrir est le meilleur moyen de garder la vie sauve dans ce genre de cas de figure. Je sors la tête de sous ma couette. Il sourit: « ça va mieux? ». Je lui déballe ma sale journée dans le désordre, la bouche pleine et des larmes roulant sur mes joues. Il m'offre pour toute réponse un bisous sur le front, puis s'allonge près de moi et me prends dans ses bras. Je m'effondre de fatigue, la tête sur son torse.

Il est drôle, Citrus. C'est pas lui qui a loupé deux bus dans la même journée. Alors SI, j'ai besoin du permis.

EDIT: Nous sommes vendredi,et l'entretien qui m'a couté un pied et une crise de nerfs fut concluant: J'ai eu le poste!


lundi 18 avril 2011

I'll be Up Up and Away...




La dernière fois que je vous ai écrit, j’avais 10 kilos en trop, les cheveux cracra, pleins de dettes, les jambes lourdes, et plus beaucoup d’amis. Je venais de perdre ma grand-mère, mon appart, mon chat, et à peine sortie d’hôpital, j’ai plaqué mon job alimentaire, et Monsieur Hopkins tant qu'à faire. A vrai dire, tout ce qu’il me restait c’était ma mère et mon meilleur ami pour surmonter mes problèmes.

Je m’étais donnée un an.

Je me suis demandée ce que je voulais faire de ma vie, ce à quoi j’aspirais. Dans un premier temps, je voulais me sortir de cette merde sans nom. Ensuite, je voulais une vie ou le commerce et l’écriture se conjuguerait.

Il m’a d’abord fallut le temps de craquer, hurler, pleurer sombrer sur le canapé de chez le Blond, avec les boyaux tordus et l’œil mort. Je dormais le jour, écrivais la nuit et cumulait les conquêtes (ne me regardez pas comme ça, on le fait toutes bande d'hypocrites…) Je ne supportais plus la moindre responsabilité ni contrariété. Et puis on m’a prêté un Laptop et je me suis mise à pondre des articles sur Zemmour.

Au passage je remercierait jamais assez le Blond de m’avoir hébergé et laissé me remettre de ce tourbillon. Tu m’as RIEN demandé. Tu m’as juste laissé chouiner et dormir. Et si aujourd’hui je suis heureuse, c’est aussi grâce à toi.

Et puis un soir, en remontant l’avenue de Belleville, j’ai rencontré un ange avec des yeux bridés noisettes et le plus beau sourire du monde. Il avait l’humour efficace, le regard calme, et l’air serein du garçon bien dans ses pompes. La première chose que je me suis dit en l’apercevant fut « Ouh, ma fille, la nuit va être belle ! ». Et puis il m’a fait sa fameuse recette de tagliatelles au saumon, suivi de sa fameuse (très mauvaise) imitation de Le Pen. Et il a conclu (même pas honte). Mais on ne se connaissait pas vraiment.

Et puis y a eu cette nuit ou il a du m’emmener à l’hôpital et ou il m’a fait rire avec des blagues de pipi. Et j’ai compris qu’on ferait une bonne équipe.

Aujourd’hui, nous venons de nous installer dans un joli deux-pièces du coté de Place d’It’ ou mes paires de chaussures côtoient ses consoles de jeux. Le tout dans une ambiance de sashimis maison, de saison 2 de Misfits et de parties endiablées de boxe sur Wii. Nous fêtons notre premier anniversaire, et une jolie bague orne mon annulaire. Tout est simple : grosses marrades, sexe, soutien mutuel et concessions. Et ça a l’air de rouler.

Dans la foulée, j’ai retrouvé un job de vendeuse en prêt-à-porter. Une pression de fou, des horaires de merde, des conditions de physiques pourries, le tout pour un salaire de misère. Mais fallait bien commencer quelque part et valider un CDI pour obtenir un appart.

En réalité, cette boutique était pleine de cadavre dans les placards et l’ambiance était tellement toxique que certaines de mes collègues se fanaient à vue d’œil. J’ai laissé mes « encadrantes » se défouler sur moi, et des que ce fut possible, je suis partie, en faisant le plus de grabuge possible, et j’ai sauvé ma peau. Je ne peux pas tout dire, mais a l’heure ou je vous parle, mon ancienne patronne est poursuivie pour détournement de fond et harcèlement moral (et pas par moi). Et toutes celles qui m’ont fait du tort on payés le prix fort. Mais dans le fond, je suis contente d’être passée par la. J’ai perdu 5 kilos sur les 10 qui ornent ma zone abdominale, j’ai acquis un moral d’acier et un putain de caractère.

Aujourd’hui je suis Responsable Adjointe de site dans une société de service ou l’humain est très pris en compte. A tel point que je me suis faite taxer de « requin » par mon boss ! Moi ! Enfin, je gagne bien mieux ma vie, l’ambiance est plus saine, et ma mission est plutôt fun. En parallèle, je donne des cours d’anglais. J’adore ça.

Je n’ai pas abandonné l’écriture, mais au vu des événements cités, je devais reconstruire ma vie. Ayant retrouvé un rythme apaisé et un nouvel équilibre, je peux à nouveau prendre le temps pour moi. Et pour vous.

Et puis en parallèle j’ai fait un milliard de trucs ! Passer mon permis, écrire un sketch (que j’ai toujours pas joué sur scène) tricoter une écharpe (pas finie), courir de concerts en spectacles, de gala de l’Unesco au Drink de LR, je me suis fait des super-copines, j’ai démarré l’écriture d’un livre, je suis redevenue brune, j'ai fait un tour en Irlande dans la nouvelle Coloc du Blond qui est plus que jamais, et même de loin, un membre de ma famille. Le tout en gardant des ongles, des cheveux et une épilation impeccable.

Et, malgré moi, j’ai appris l’organisation. J’écris dans le métro, mes ongles de pieds sèchent pendant le petit dej’, je rentabilise le moindre temps d’attente et j’en fais 10 fois plus. J’ai toujours fait dix-mille choses à la fois, c’est juste qu’aujourd’hui, je les fais mieux, et je me fais confiance. Rien ne m’est hors de portée.

Il y a un an je suis tombée. Et j’ai été rattrapée au vol par ceux qui m’aiment. Je m’étais donné comme défi de refaire ma vie « en mieux ». Et c’est allé très vite.

Ce soir, je me regarde dans le miroir, le cheveu lisse et brillant, l’œil reposé, le sourire Ultra Bright et l’ongle manucuré. Mon visage est vierge de stigmates, et pourtant, il y a eu un avant et un après. Mais ce soir, je savoure cette vie qui me ressemble, cette passion qui m’anime, et l’amour des miens. J’estime avoir payé tout ça assez cher.

Cet article est terminé, L’appart est briqué, nos amis nous attendent. J’enfile ma robe préférée, embrasse goulûment mon fiancé, m’offre un dernier sourire dans la glace avant d’attraper mon sac et de filer.

Je suis indestructible. Et très bien entourée. Quand y en a plus, y en a encore. Désespérément optimiste. J’ai pu remonter la pente la plus raide jusqu’ici. Et même si tout s’écroule, alors je reconstruirais. Encore plus durement. C’est ma force

MCF a deux ans. La première année fut celle de la compréhension. La seconde, de l’action. La troisième sera celle de la consécration.

lundi 16 août 2010

Coté fesse # 4 : Lula Morales répond à vos questions sexos


Chère Lula


Je t’écris parce que je n’arrive pas à avoir d’orgasme avec mon petit ami. Seule, j’y parviens à peu près, mais en couple je suis comme bloquée. Est-ce à cause des hommes avec qui je couche ou est-ce de ma faute ?

Audrey.

Chère Audrey.

Déjà, je n’aime pas que tu emploies le terme de « faute » quand il s’agit de ne pas avoir d’orgasme. Le Coït n’est pas un épisode de « 24 » Ou Jack Bower doit retrouver le clitoris au fin fond d’une bouche d’aération six pieds sous terre dans les locaux secrets d’Al Qaïda. (Même si certaines femmes sont tellement inhibées qu’effectivement, il doit se trouver dans le coin…) Il n’y a aucune obligation de jouir. J’ai la sensation que tu prends le souci à l’envers.

Vois les choses autrement. L’orgasme, notamment pour les femmes, est l’aboutissement d’un « lâcher prise ». Tu es fragile ma petite fleur des champs. Et pour que ton petit bouton s’épanouisse (NON ! J’ai pas osé…) Il est important de te sentir à l’aise avec ton partenaire. Plusieurs facteurs à prendre en compte :

1- Bien souvent, les femmes ont du mal à jouir avec leur partenaire car elles bloquent sur leurs défauts physiques. Malheureusement, ça les empêche de « s’oublier ». Ce qui est pourtant nécessaire. Alors n’oublie pas que si l’homme avec qui tu couches se trouve ici, à l’instant T, tout en sueur et en érection, c’est que tu lui fais un minimum d’effet. Donc ta cellulite, tes petits seins, ton onzième orteil (pas de chance quand-même), c’est pas grave. Tu fermes les yeux, et tu te concentres sur ce qu’il te fait, là tout de suite, avec… Tu ne sais pas avec quoi, mais c’est vachement bon, un peu plus à droite, oui, comme ça oui…. Hum. Pardon.


2- Ensuite, l’orgasme même est un état assez sauvage qui révèle beaucoup soi. Je le dit et je le répète, c’est pas forcément joli: On fait des grimaces, on convulse, on pousse des hennissements de jument épileptique. (Enfin pas moi, hein ? Mais j’ai une copine à qui ça fait ça…) Mais c’est la réalité de la vie : Le sexe, c’est du spectacle son et lumière. Ton petit ami est sûrement déjà au parfum, et crois moi, il ne boudera pas son plaisir pour autant. D’ailleurs tu ne rêves pas, cet ours qui éructe avec la mâchoire crispée, c’est bien lui. Ouais, je sais, t’avais pas remarqué.


3- Enfin, la partie travaux pratiques : Il est des positions qui stimulent le clitoris et ainsi facilitent la venue de l’orgasme comme l’amazone (toi sur lui). Il peut également s’en charger lui-même en te caressant.

Voilà ma gazelle des villes ! Ce sont des conseils très vastes donc tu devrais trouver un bout de réponses dans ce que je t’écris. Mais dans tout les cas, tu inspires un coup et tu te rappelles que tu es avant tout là pour passer un bon moment. Capiche ?

jeudi 12 août 2010

Brèves de transport 1: Coup de coeur à Hôtel de ville.



Quand on est un minimum sociable et un peu barrée, le métro deviens un terrain de jeu/ site de rencontre grandeur nature. Et mine de rien, chaque personne que j'ai rencontré dans les transports en commun m'ont apportés quelque chose.

J'y ait gagné des amis, des amants, des leçons de vie et même du boulot une fois! Et puis à quoi ça sert de vivre dans le Paris d'Amélie Poulain si c'est pas pour mettre un peu de poésie dans les couloirs pleins de courant d'air qui sentent la pisse, sans déconner?


C'est arrivé courant mi-janvier....


17h45, hôtel de ville. Je sors de sous la terre. Une station de métro, six sorties, un rendez-vous, et un portable sans batterie ni crédit.


Je regarde autour de moi, et la voix terrible de Maman résonne dans ma tête « A quoi te sert ton portable franchement! Ça t'écorcherait de le mettre à charger? »

Je m'approche alors de la première âme esseulée de mon champ de vison, une silhouette masculine.

-X'cusez moi, vous pourriez?...

Il lève les yeux, et je beugue sur la gueule du spécimen: yeux bleus, tignasse blonde, barbe de trois jours, gueule d'amour. Je rougis instantanément:

-Bonjour, vous pourriez mettre votre... Non, je pourrais vous mettre... enfin (rire nerveux) vous m'avez compris... (je brandit mon téléphone) Enfin, pas de batterie, quoi.

Il m'offre un sourire-triple combo- fossettes- dents blanches- regard rieur. Vite, de la pluie.

-Oui bien sûr, après c'est la première fois que j'enlève la puce de mon portable....

Je me retiens très très fort de lui dire Que « je vais dépuceler son téléphone portable ». Mais me promet intérieurement de la lui ressortir à notre premier rencard. Parce que rencard il y aura, je me le promet intérieurement sur la tête de mes chaussures.

-Promis je serais douce... Laissez faire, j'ai des ongles... C'est un portable de fille votre truc!

-De fille! Merci....

-Ou de mec à qui une folle viens demander de l'aide. En tout cas, faut des ongles.

-Et je suppose que vous n'avez pas en tête le numéro de la personne à contacter?

-Bah non c'est ABSOLUMENT PAS mon petit copain que je rejoins, alors je ne vois ABSOLUMENT PAS pourquoi je retiendrais son numéro. Hum.

La pluie commence à battre. Et je trouverais ça très romantique si j'avais pas un brushing à faire tenir toute la soirée...

-A propos, vous attendez quelqu'un dans ce froid (genre une bombe aussi blonde que vous qui m'arracherais les yeux)?

-Même pas, j'avais un entretien mais il a été décalé, j'étais au BHV et il faisait chaud alors je suis sorti et du coup il fait froid...

-Eh bien allons nous planquer en allant boire quelque chose en face, le temps que mon ami me rejoigne...

-Exploit numéro 1: Malgré « le syndrome de la cruche » (qui fait rire en général tous les gens qui me connaissent) J'ai eu le courage de lui proposer d'aller boire un truc, et de lui donner mon numéro de téléphone avant qu'il ne le me demande.

-Exploit numéro 2: je n'ai rien fait tomber, je ne lui ait rien renversé sur le pantalon, et je ne me suis prise aucune gamelle (et pourtant c'était risqué, y avait des escaliers...)

Ce que j'ai gagné: 60 SMS facile, un diner et quelques blagues plus tard: Une nuit « huuuuummm aaaaaahh ggggggrrrrrrrrrrrrr»..... Et c'est tout.

Nous étions tout les deux en pleine phase d'apprentissage du célibat alors c'est tout ce que nous étions en mesure de nous 'offrir. Mais ça m'a permis d'appréhender cette nouvelle période de ma vie avec plus de légèreté....

Au prochain épisode de « Brèves de Transport », je vous raconterais comment je me suis fait un ami avec mes aiguilles à tricoter.

mercredi 30 juin 2010

Enquête : Le mariage : Institution, conte de fée, prétexte fallacieux pour s’acheter une robe a 1500 euros ? (première partie)





Je comptais vous parler de foot, mais je n’ai pas envie de finir trépanée avec un clou rouillé (pour dire, j’ai moins peur d’Eric Zemmour et de Sarko que des supporters) On va donc laisser ces messieurs s’étriper entre eux, se faire un thé vert, passer au salon et papoter entre nous mes poules...

Depuis mes premiers roulages de pelle, je me définis comme une anthropologue du sexe et de l’amour. Et je n’ai jamais hésité à donner de ma personne (notamment lorsque j’ai du mouiller ma chemise -si je puis dire- pour percer les secrets d’un bon coup). Mais cette fois-ci je vais devoir œuvrer autrement. Interviewer une espèce qui me fascine : celles et ceux qui se sont dit «Oui pour la vie».

Je trouve la démarche tout de même intéressante: Ils ont décrétés que sur 7 milliards d’êtres Humains, ils étaient ceux qui se convenaient le plus. Étant moi-même un peu midinette mais très engagement-phobe, je trouve cette idée aussi romantique que flippante. Et comme je le disait à ADMV à l’époque, le jour ou je déciderais de me marier, je réinstaurerais le pipi au lit jusqu’au jour J.

J’ai un rapport assez spécial au mariage. On m’a déjà demandé ma main. J’ai perdu ma respiration et je n’ai plus su ou me foutre. Car j’avais cette affirmation chevillée au corps : Ce n’est pas « lui », et mon bonheur m’attend ailleurs. Et en règle générale, j’y regarde à deux fois avant de parler exclusivité avec ceux qui partagent mes nuits. Mais tout au fond de moi sommeille une petite fille, qui rêvait d’être Barbie Princesse Magique, qui vivrait le grand amour pour la vie, celui qui rend serein, celui qui fait faire des enfants « parce qu’ils lui ressemblent ».

Alors j'ai demandé aux femmes et hommes mariés et en couple depuis longtemps de m'aiguiller sur le sujet. J'ai posé des questions à des dizaines de personnes (et j'ai parfois été bien indiscrète). Sur leur choix, ce qui les à poussés à cette décision, et sur leur couple en lui-même. Les histoires que je vais vous raconter sont représentatives de ce que j'ai apprit durant cette enquête.

1 : Celle qui s’apprête à dire oui :

A l’heure ou je vous parle, on m’a demandé d'aider à la préparation du mariage de ma cousine Sabrina. Je démarre donc cette étude avec elle (en faite ça fait des années que l’observe les événements avec attention, la concernant).

Sabrina va se marier le jour de ses 22 ans. Elle a rencontré Cissé il y a quatre ans. A l’époque, un soir ou je dormais chez elle, elle m’avait confié les débuts de cette relation et m’avais dit de but en blanc : « c’est mon mari !» Sur le moment, du haut de ses 17 ans, elle m’avait doucement fait rire.

Trois ans plus tard, en voiture avec elle, nous prenons des nouvelles de nos amours respectifs.Après lui avoir raconté ADMV en long en large et en travers, elle m’explique de son coté qu’elle « remercie dieu d’avoir mis Cissé sur ma route. C’est un ange, il est présent pour moi, et nous et nous sommes si complices… » Je me dis amusée qu’effectivement, c’est lui, elle l’a trouvé. A ma connaissance, il n’y a pas eu de demande formalisée avec genoux à terre, airs émus et envolée d’oiseaux migrateurs en arrière plan. Ils en ont parlé, ils ont été d’accord, ils attendaient seulement le moment opportun. Ils faut juste les voir piquer des fous rires et s'être tenus la main à la veillée mortuaire de notre grand-mère pour comprendre que ces deux là se sont trouvés. Alors pourquoi Sabrina n'arrive pas à savourer les préparatifs de son mariage?Je la sens légèrement tendue.


2 :Le couple instantané

Fin de journée shopping avec Princesse. Je déambule fatiguée près d’hôtel de ville quand une jeune femme se plante devant moi en criant « Coté Face- Coté fesse ! Lulaaa comment tu vas ? »

Hébétée, je la regarde, ne la reconnais pas. Elle poursuit :

-Tu ne me remets pas ? C’est Loubna ?

-Oh merde ! Tu vas bien ?... Tu me lis ?

Loubna est une ancienne camarade du lycée. Lorsque nous nous sommes quittées, elle portait des jeans moulants, une queue de cheval avec gel effet mouillé et des talons hauts. Cinq ans, des ballerines et un turban pour couvrir ses cheveux plus tard, elle est méconnaissable. Mais très jolie quand même.


-Oui je te lis, tu suis tombée sur ton blog avec les liens sur Facebook,

-Tu m’as sur Facebook ?

-Oui ! Loubna Terkahoui ! C’est mon nom d’épouse !

-Parce que tu es mariée….

-…Et maman. Deux fois.

Nous décidons de poursuivre cette conversation autour d’un dîner et elle m’explique :

-On s’est mariés au bout de quatre mois de relation, Et nous sommes ensemble depuis quatre ans maintenant.

-Et tu n’avais pas peur ?

-Non. Ma famille a voulut me dissuader, mais voila, j’ai construit mon bonheur avec lui et si c’était à refaire, je referais tout pareil !

-Et comment tu as su que c’était lui ?

-C’est mon tout ! C’est mon amoureux et en même temps c’est mon pote… Je n’ai pas fini de grandir et c’est bon de savoir que je peux être fofolle avec lui sans qu’il me juge… Bien sûr des fois on s’engueule, mais on sait pertinemment qu’on ne peut vivre l’un sans l’autre. Quand c’est lui, tu le sais.

Scotchée, je suis. Loubna vit ce qu’on appelle un « couple instantané »

Le couple instantané est un couple qui s’engage, voire conçoit des enfants peu de temps après la rencontre. Mais je constate qu’elle s’est tout de même basée sur des faits précis pour décider que c’était « Lui ». La preuve, elle a pu me donner des raisons précises sur son choix: . J’en conclut qu’elle a choisit de se marier, malgré la rapidité avec laquelle ça c’est fait, de manière réfléchie. Statistiquement, un couple instantané a autant de chances de survie qu’un couple « Lambda ». Ils ont juste mis moins de temps pour ce cerner et décider qu’ils se correspondaient.

3 :…Et ceux qui ont prit plus de temps…

Mon prochain sujet d’étude me laisse admirative. Lola a 25 ans, est mariée depuis l’année dernière et en couple depuis… 10 ans. Je suis d’autant plus admirative qu’elle ressemble à ce que j’aimerais être dans deux ans. En plus d’être belle, elle respire l’équilibre. Nous sommes faites du même bois, mais elle est plus posée, plus calme (et mieux gaulée la grognasse). Et totalement en paix avec elle-même. Alors je la bombarde de questions et quand elle parle, j’avale tout, je prends des notes et je me les faits tatouer sur le front.

-En faite, nous ne nous sommes pas vraiment posés de question, ça a démarré comme « un plan cul qui a bien tourné », quoi. Nous nous sommes attachés et notre relation a avancé. En dix ans, nous avons tous les deux beaucoup évolués. J’étais limite autiste, solitaire et dans ma bulle et il m’a aidée à m’ouvrir. De son coté il a hérité de mon coté « bisounours » il est un peu plus « gentil » avec les autres. C’est important de s’enrichir l’un l’autre.

-Alors tu penses qu’avec le temps vos deux personnalités se « fondent en une » ?

-En réalité, tu te rendras vite compte que vous êtes trois: Il y a lui, toi, et « le couple » qui a une personnalité propre.



-Et les papillons dans le ventre, ils sont encore là ?...

-Bah ça devient autre chose. Que je trouve plus précieux. C’est comme un meilleur ami mais avec qui tu… enfin, pour qui tu as de l’attirance physique. La aussi il faut être complice sur tout les plans, pouvoir se lâcher, au lit par exemple. Et puis tu vibres, mais pour autre chose ; Là, j’ai hâte qu’on ait notre premier bébé, avoir des petits lui, et des petits moi…. Mais tu sais, si un jour on devait se séparer, je ne pense pas que j’aurais envie de refaire ma vie. Je pense que je resterais célibataire et que je tromperais ma solitude avec des conquêtes….

Quand je serais grande, je veux être eux ! Enfin en plus moi et en plus lui, quoi.

Elle m’explique par la suite que le mariage n’a pas changé grand-chose parce que ce qui a primé chez eux, au-delà de l’aspect « engagement mutuel » c’est leur couple. Que le mariage n’est qu’une journée de ta vie et qu’il faudra faire avec tous les autres jours…

Ce que j’apprends de cet entretien, c’est que le couple, c’est 1+1=3, et qu’un couple qui évolue ne repose pas sur les même choses qu’un jeune couple. Mais aux yeux de Lola, c’est beaucoup plus fort….


Alors je vous livre sans plus de cérémonie ma conclusion: Tous les mariages qui marchent sont basés sur une harmonie sur tout les plans. On y retrouve la formule magique complicité + sexe + soutien mutuel. Certains termes sont souvent ressortis: Evidence, "mon tout", "meilleurs amis"

Mais pour l'heure, je dois vous laisser. Sabrina viens d'appeller ma mère, et elle passe nous chercher en urgence. Je sens que ce mariage ne va pas être une sinécure...


A Paris, un mariage sur deux finissant par un divorce, j'étudierais les mariages qui ne marchent pas, les raisons de ces échecs, les leçons à tirer des histoires que j’ai recueillies. Nous suivrons également les négociations du mariage algero-malien de l’année…